Le meilleur joueur du monde en titre regardera la finale du Mondial depuis les tribunes. Ousmane Dembélé, sacré Ballon d'Or le 22 septembre dernier devant Lamine Yamal et Vitinha, rêvait de coiffer sa saison d'une étoile mondiale. Le rêve s'est brisé en demi-finale. Balayés par l'Espagne (2-0), les Bleus ont quitté la compétition, et une vieille malédiction du Ballon d'Or a encore frappé.
Le scénario est cruel pour un joueur qui avait tout survolé jusqu'au dernier carré. Car sur ce Mondial 2026, l'ailier français n'avait pas déçu, bien au contraire. Ses statistiques parlent pour lui.
Cinq buts, un triplé, puis le silence
Sur le plan comptable, il n'a rien à se reprocher. Dembélé a inscrit 5 buts en 7 matchs, dont un triplé retentissant contre la Norvège qui l'avait installé parmi les hommes forts du tournoi. Longtemps, il a porté l'attaque des Bleus, multipliant les différences sur son côté et faisant trembler les filets quand la France en avait besoin.
Le sacre individuel, lui, remontait à septembre. Le 22, à Paris, Dembélé avait devancé Lamine Yamal et Vitinha pour être couronné meilleur joueur de la planète, récompense d'une saison pleine. Restait à transformer l'or personnel en or collectif. C'est précisément là que l'histoire se répète.
Puis est venue la demi-finale, et le récital s'est arrêté net. Face à une Espagne rigoureuse et maîtresse du ballon, l'attaquant s'est éteint. Muet, privé d'espaces, il n'a pas pesé sur la rencontre. La Roja a fait la différence et filé vers le MetLife, laissant les Bleus à leurs regrets.
Une malédiction vieille de soixante ans
Le constat dépasse largement le cas français. Aucun joueur couronné du Ballon d'Or l'année précédant une Coupe du monde n'a ensuite soulevé le trophée, rappelle World Soccer Talk. En échouant avec les Bleus, Dembélé prolonge une série noire qui court sur plusieurs décennies et qui semble s'acharner sur les tout meilleurs. Le talent, visiblement, ne suffit pas.
Pire encore : selon Le10sport, il devient le troisième Ballon d'Or éliminé dès les demi-finales d'un Mondial. Avant lui, seuls Eusébio, en 1966, et Michel Platini, en 1986, avaient connu pareil sort. Deux monuments du jeu, deux carrières immenses, aucune étoile mondiale au bout du chemin. Pour un supporter français, l'écho est douloureux : Platini, déjà, s'était arrêté en demies. La compagnie est prestigieuse. La conclusion, elle, reste cruelle.
La malédiction dit quelque chose du football moderne. Le meilleur joueur d'une année n'est pas toujours celui qui décide d'un tournoi de sept matchs. Une Coupe du monde se gagne à onze, sur un mois, au terme d'un parcours semé d'embûches. Dembélé l'a appris à ses dépens, comme d'autres avant lui.
Et maintenant ?
Le paradoxe saute aux yeux. Ce dimanche, au MetLife Stadium, la finale oppose justement l'Espagne, bourreau des Bleus, à l'Argentine. Lamine Yamal, dauphin de Dembélé au dernier Ballon d'Or, y disputera le titre suprême que le Français n'atteindra pas cette année. Le classement individuel plaçait Dembélé devant ; le terrain, lui, a rendu un autre verdict.
Reste la question qui accompagnera les Bleus tout l'été. Rien n'indique que Dembélé soit au crépuscule de sa carrière, et d'autres grands rendez-vous se présenteront. Mais la malédiction, elle, se brisera-t-elle un jour, ou continuera-t-elle de guetter chaque lauréat du Ballon d'Or à l'approche d'un Mondial ? Réponse, au plus tôt, dans quatre ans, sur les pelouses de la prochaine Coupe du monde.
Sources
- Le10sport
- World Soccer Talk
- Cover photo: Russian Presidential Press and Information Office / CC BY 4.0, via Wikimedia Commons


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