Quatorze ans de règne, un titre mondial, une finale, et un dernier acte sous les critiques. Didier Deschamps referme la page de l'équipe de France ce week-end, mais pas dans le calme qu'il aurait souhaité. Son au revoir se joue sur fond de polémique, entretenue par un ancien coéquipier devenu son juge le plus sévère.
Le réquisitoire de Dugarry
Sur RMC, dans « Rothen s'enflamme », Christophe Dugarry n'a rien lâché. Le champion du monde 1998 a parlé d'« humiliation » après l'élimination des Bleus par l'Espagne en demi-finale. Il s'est dit « arnaqué, floué et embobiné » par le discours qui entoure le sélectionneur depuis des années. Et il a posé le mot qui pique : le bilan de Deschamps, à ses yeux, reste « surcoté ».
Le mot d'« humiliation » a d'autant plus résonné qu'il vient d'un champion du monde 1998, la génération du premier sacre. Sur l'antenne de RMC, terrain habituel des coups de gueule, la charge n'est pas passée inaperçue. Elle a posé une question inconfortable : et si l'entraîneur le plus titré des Bleus partait par la petite porte ?
La sortie a de quoi étonner. Deschamps quitte son poste avec le palmarès le plus fourni de l'histoire du banc tricolore. Le débat, très dans la tonalité de l'antenne, oppose pourtant deux lectures d'une même carrière. Le palmarès d'un côté. La manière de l'autre. Pour ses détracteurs, les résultats n'ont jamais suffi à faire oublier le jeu.
« Next », la réponse glaciale du sélectionneur
Interrogé en conférence de presse sur ces attaques, Deschamps n'a pas mordu à l'hameçon. Il a expédié le sujet en trois phrases. « Les critiques de Dugarry ? Zappez tout de suite, c'est plus simple. Next. Je n'ai pas à répondre. » Pas un mot de plus.
Le ton est reconnaissable entre mille. Depuis le début de son mandat, le sélectionneur a fait de ce détachement une arme. Il ne s'attarde jamais sur les procès d'intention. Un mot, parfois un haussement d'épaules, et le dossier est classé. Ce « Next » lancé à la volée restera peut-être comme l'ultime pied de nez d'un homme qui n'a jamais couru après l'approbation.
Une sortie à 187 matchs, place à Zidane
La petite finale face à l'Angleterre, à Miami, referme une époque. C'est le 187e et dernier match de Deschamps sur le banc des Bleus, lui qui avait pris ses fonctions en 2012. Entre les deux : le sacre de 2018 en Russie et la finale de 2022, perdue au terme d'un scénario fou. Le rideau tombe sur quatorze années de mandat.
Reste l'après. Zinedine Zidane est annoncé de longue date comme le successeur désigné, et selon RMC son intronisation devrait être officialisée avant la fin du mois de juillet. La transition la plus attendue du football français touche au but. Après quatorze ans d'un même visage sur le banc, le changement de cap s'annonce autant symbolique que sportif.
Car l'ironie est cruelle. Le sélectionneur le plus capé de l'histoire des Bleus s'apprête à céder sa place, et le dernier mot du feuilleton n'aura pas été pour lui, mais pour un adversaire de plateau télé.
Le contraste promet d'être saisissant. À la retenue de Deschamps succéderait l'aura d'un Ballon d'Or, champion du monde 1998 lui aussi, mais dont le rapport au verbe et au public n'a rien de comparable. La polémique Dugarry aura au moins servi à une chose : rappeler qu'en équipe de France, même les records se discutent. Le débat sur l'héritage, lui, ne fait que commencer.
Sources
- Foot Mercato
- Le 10 Sport
- Al Jazeera
- Cover photo: Voltmetro / CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons

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