Dimanche 19 juillet, coup d'envoi à 15 heures sur la côte Est, l'Espagne et l'Argentine se disputeront la Coupe du monde au MetLife Stadium d'East Rutherford, dans le New Jersey. Deux des meilleures sélections de la planète. Et, sur les bancs, un lien que peu de finales peuvent revendiquer : celui d'un formateur et de son ancien élève.
Luis de la Fuente a enseigné le métier à Lionel Scaloni. La scène a des allures de roman. Elle est pourtant bien réelle. Aujourd'hui, les deux hommes se retrouvent au sommet, chacun à la tête d'une grande nation. Rarement une finale de Coupe du monde aura opposé un maître à son propre élève.
Las Rozas, le fil rouge
C'est au centre technique de la Fédération espagnole, à Las Rozas, près de Madrid, que leurs trajectoires se sont croisées. Scaloni y a décroché sa licence UEFA Pro, le plus haut diplôme d'entraîneur, sous la houlette de de la Fuente, alors formateur maison.
Sur les bancs de la même promotion, d'anciens internationaux argentins : Javier Saviola, Fernando Redondo. C'était à la fin des années 2010, avant que chacun ne prenne les rênes de sa sélection. Personne, alors, n'imaginait les voir se retrouver pour un titre mondial.
Les deux techniciens ont raconté cette histoire publiquement, et toujours en bons termes, rapporte CBS Sports. Pas de règlement de comptes, pas de rivalité de vestiaire. Du respect, tout simplement. Reuters l'a souligné cette semaine : pour soulever le trophée, Scaloni devra d'abord passer par celui qui lui a transmis les clés du métier.
Deux discrets, une même idée du jeu
Ni de la Fuente ni Scaloni ne collent à l'image du sélectionneur-vedette. Deux profils sobres, loin des projecteurs, qui ont bâti leur crédit sur le collectif plutôt que sur les egos.
Scaloni, d'abord adjoint chez les Albiceleste, a fini par mener l'Argentine sur le toit du monde en 2022. De la Fuente, longtemps homme de l'ombre des équipes de jeunes espagnoles, a offert à la Roja la Ligue des nations en 2023. Deux ascensions patientes, en escalier, sans coup d'éclat médiatique.
Le fil est limpide : deux hommes qui ont grimpé les échelons par le travail et le sens du groupe, jamais par le charisme de façade. Sur le terrain, la même conviction les anime : c'est l'équipe qui l'emporte, jamais l'individualité seule. Une filiation qui prend tout son relief quand on sait que l'un a appris le métier auprès de l'autre.
Il y a quelque chose d'inhabituel dans cette affiche : un professeur et son élève réunis non pas dans une salle de cours, mais sur la plus grande scène du football mondial. Ni l'un ni l'autre n'en fait une affaire personnelle. Les mots échangés de part et d'autre disent l'estime, jamais la revanche.
Ce que dimanche met en jeu
Le symbole est fort, l'enjeu colossal. L'Argentine, championne du monde en titre, veut conserver son trophée, exploit qu'aucune sélection masculine n'a réussi depuis le Brésil (1958 puis 1962). Doubler la mise : voilà le défi de Scaloni. Pour de la Fuente, un tel sacre couronnerait une carrière de bâtisseur restée longtemps dans l'ombre.
En face, l'Espagne court après un deuxième sacre seulement, le premier et unique remontant à 2010. Pour s'inviter à MetLife, la Roja a écarté la France (2-0) en demi-finale ; de son côté, l'Argentine a dominé l'Angleterre (2-1). Deux nations, deux histoires, une seule couronne à conquérir.
Restera à savoir laquelle des deux écoles prendra le dessus, dimanche, à East Rutherford. Le maître ou l'élève ? Réponse sous les projecteurs du New Jersey.
Sources
- CBS Sports
- Reuters (via KFGO)
- Tribuna
- Cover photo: sdhansay / CC BY 2.0, via Wikimedia Commons

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