Deschamps : à Miami, une petite finale pour un grand adieu

Deschamps : à Miami, une petite finale pour un grand adieu

Samedi à Miami, la petite finale contre l'Angleterre offrira à Didier Deschamps un dernier banc avec les Bleus. Personne ne la réclamait, elle devient pourtant l'ultime acte d'une ère longue de quatorze ans.

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Un dernier banc, quatorze ans plus tard

Samedi, au Hard Rock Stadium de Miami Gardens, Didier Deschamps dirigera la France pour la toute dernière fois. La petite finale contre l'Angleterre, coup d'envoi à 17h ET (23h à Paris) devant environ 65 000 spectateurs, n'était pas le rendez-vous espéré. Elle devient pourtant le point final d'une histoire longue de quatorze ans.

Nommé le 8 juillet 2012, le sélectionneur avait prévenu dès janvier 2025 : il n'irait pas au-delà de cette Coupe du monde, quelle qu'en soit l'issue. Mardi, l'Espagne a scellé la sortie en demie (0-2), sur un penalty d'Oyarzabal et un but de Porro. Reste ce match pour le bronze, celui que personne ne réclame vraiment, et que Deschamps abordera comme un dernier devoir plutôt que comme une consolation.

Une ère qui se referme

En quatorze ans, Deschamps aura à peu près tout traversé avec les Bleus. Champion du monde en 2018, finaliste malheureux en 2022, battu par l'Argentine aux tirs au but (3-3, 4-2 t.a.b.) au terme d'une finale devenue mythique. Il demeure l'un des trois seuls hommes à avoir soulevé le trophée comme joueur, en 1998, puis comme sélectionneur vingt ans plus tard, aux côtés de Mario Zagallo et Franz Beckenbauer.

Quatorze saisons sur le même banc, environ 168 matches à diriger : peu de sélectionneurs, où que ce soit dans le monde, peuvent se prévaloir d'une telle continuité. Le technicien détient aussi un record que beaucoup ignorent, celui du plus grand nombre de matches de Coupe du monde dirigés, un 26e ajouté mardi contre l'Espagne. Deux étoiles, une finale perdue de rien, une longévité que le football moderne n'accorde presque plus à personne. La sienne s'achève à Miami, loin de Paris, un samedi soir de juillet.

Le bronze, un enjeu qui n'a rien d'anecdotique

On aime railler la petite finale, ce match sans couronne ni tour d'honneur. Il pèse pourtant dans l'histoire des Bleus. La France n'a terminé que deux fois troisième d'une Coupe du monde : en 1958, portée par le quadruplé de Just Fontaine face à la RFA (6-3), puis en 1986, contre la Belgique (4-2). Plus rien depuis quarante ans.

En face, l'Angleterre de Thomas Tuchel, elle aussi renvoyée à ce rendez-vous secondaire après son revers contre l'Argentine (1-2). Pendant que les Espagnols et les Argentins préparent la finale de dimanche, Français et Anglais se disputeront la troisième place. Deux bancs en fin de cycle, deux groupes qui refusent de rentrer les mains vides, et des joueurs qui rêvent d'offrir à leur sélectionneur un dernier succès en guise d'adieu. Le duel dans le duel opposera deux entraîneurs que tout sépare, réunis par une même frustration : avoir vu la finale leur échapper à un tour près.

Après Miami, la page reste blanche

La suite appartient encore au conditionnel. La presse fait de Zinédine Zidane le favori pour succéder à Deschamps, mais aucune nomination n'a été officialisée à ce jour. Pour l'instant, le sélectionneur n'a qu'un seul horizon : ces 90 minutes en Floride, un dernier banc pour refermer une aventure commencée à l'été 2012.

Le coup d'envoi sera donné samedi, à 23h heure française. Deschamps aura choisi lui-même le moment de partir, comme il l'avait annoncé dix-huit mois plus tôt. Ensuite, il quittera le banc des Bleus pour de bon. Ce qu'il y laissera se jouera d'abord sur la pelouse de Miami.

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