Là où tout avait failli s'arrêter
C'est sur cette pelouse que Lionel Messi avait cru tirer sa révérence. En 2016, au terme de la finale de la Copa America Centenario perdue aux tirs au but face au Chili, l'Argentin manquait sa tentative, puis annonçait dans la foulée, la voix éteinte, sa retraite internationale. C'était déjà au MetLife Stadium, à East Rutherford, dans le New Jersey. Quelques semaines plus tard, il revenait sur sa décision. Dix ans après, il revient poser ses crampons exactement au même endroit.
Ce dimanche 19 juillet, coup d'envoi à 21h heure française, l'Argentine y affronte l'Espagne en finale de Coupe du monde. À 39 ans, Messi dispute là ce qui restera, selon toute vraisemblance, son dernier Mondial. La boucle ne pouvait pas se refermer de façon plus romanesque : le théâtre de l'adieu manqué devient celui du dernier acte.
Un capitaine devant l'histoire
Le brassard change la dimension du rendez-vous. Vainqueur au Qatar il y a quatre ans, Messi ramène les champions du monde en titre jusqu'à la dernière marche. Si l'Albiceleste conserve sa couronne, il deviendrait le premier joueur à mener deux sacres mondiaux consécutifs depuis Pelé. Ce serait aussi sa troisième finale de Coupe du monde, après 2014 et 2022, un privilège que seul Cafu avait connu avant lui, en 1994, 1998 et 2002. Il n'a plus rien à prouver. Sauf, peut-être, à s'offrir la sortie parfaite.
Lionel Scaloni, lui, avance masqué mais tranquille. Pour se hisser en finale, son Argentine a écarté l'Angleterre (2-1) en demie, au caractère plus qu'au spectacle. Reste la dernière marche, la plus haute. Le sélectionneur champion du monde en titre sait que défendre un trophée est un exercice qu'aucune équipe n'a réussi depuis le Brésil de 1962.
L'Espagne en travers de la route
En face, la Roja n'a rien d'un adversaire de circonstance. Championne d'Europe en titre, elle vise un premier sacre planétaire depuis 2010 et s'est offert la France (2-0) au tour précédent, sans trembler. Luis de la Fuente s'appuie sur le métronome Rodri au milieu, sur le buteur Mikel Oyarzabal, déjà cinq réalisations dans le tournoi, et surtout sur Lamine Yamal. À 19 ans, l'ailier passé par la Masia deviendrait le plus jeune champion du monde de l'ère moderne. Pour la Roja, l'enjeu dépasse Messi : effacer seize ans d'attente depuis le sacre de 2010.
Les modèles penchent d'ailleurs du côté ibérique. Le supercalculateur d'Opta donne la Roja à environ 59 % contre 41 % pour l'Argentine. Messi, lui, a un autre compte à régler : deuxième au classement des buteurs avec 8 buts, à deux longueurs de Kylian Mbappé (10) après la petite finale, il lui faudra un doublé ce soir pour ravir le Soulier d'or au Français.
Ce que la soirée promet
Une finale, un adieu possible, un record vieux de plus de soixante ans à faire tomber et une pépite de 19 ans en embuscade : le MetLife tient un scénario que personne n'aurait osé écrire. Deux générations, deux totems, un même trophée au bout de la soirée. Coup d'envoi à 15h à New York, quand la nuit tombera sur l'Europe. Reste à savoir si Messi soulèvera une dernière fois le trophée là où il avait un jour renoncé, ou si l'Espagne écrira sa propre histoire.
Sources
- L'Équipe
- FIFA
- Opta Analyst
- Cover photo: Bryan Berlin / CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons

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