L'Espagne est championne du monde. Au MetLife Stadium, la Roja a pris le meilleur sur l'Argentine (1-0) au terme des prolongations, un but de Ferran Torres à la 106e minute suffisant pour offrir aux hommes de Luis de la Fuente un deuxième sacre mondial, le premier depuis 2010. Le score, aussi serré soit-il, ne dit presque rien de la physionomie. Une finale tranchée dans les prolongations, mais jamais réellement disputée dans le jeu. La feuille de statistiques, elle, raconte tout.
Une possession à sens unique
Soixante-cinq pour cent du ballon pour l'Espagne, trente-cinq pour l'Argentine. Le déséquilibre se lisait d'abord dans la précision : 762 passes réussies à 89 % pour la Roja, 358 à 77 % seulement pour l'Albiceleste, selon les données relayées par ESPN. Plus du double de ballons manipulés, et une justesse bien supérieure. Rodri orientait, décalait, recommençait. Yamal décrochait pour attirer le bloc adverse.
Championne du monde en titre, l'Argentine s'est retrouvée cantonnée à défendre, à courir derrière la partie. Plus rugueuse (25 fautes contre 21), elle n'a jamais transformé l'engagement en munitions. On a rarement vu une tenante du titre réduite à ce point au rôle de spectatrice.
Douze tirs cadrés à zéro
C'est au moment de conclure que l'écart devenait vertigineux. Dix-neuf frappes espagnoles, deux argentines, et pas la moindre avant la prolongation. Surtout : douze tirs cadrés d'un côté, aucun de l'autre. Sacrée en 2022, l'Argentine n'a pas trouvé le cadre une seule fois de la soirée. Douze à zéro au tir cadré : à ce niveau, dans une finale mondiale, le chiffre confine à l'anomalie.
Le xG confirme l'étouffement : 1,94 pour l'Espagne, 0,20 pour l'Argentine, d'après les statistiques d'ESPN. Quatre grosses occasions contre zéro. Emiliano Martinez, héros de 2022, a repoussé onze tentatives pour retarder l'échéance. Sans ses parades, l'addition aurait viré à la correction.
Il a fini par craquer à la 106e. Sur une offensive espagnole, Nico Williams prolongeait de la tête au ras des six mètres, et Ferran Torres surgissait au premier poteau pour tromper le portier argentin. Détail parlant : le gardien espagnol, lui, n'a pas eu le moindre arrêt à effectuer. Zéro parade, zéro tir cadré concédé, une cage restée inviolée jusqu'au dernier coup de sifflet.
Mbappé rafle le Soulier d'or
Il n'y avait pas de Français sur la pelouse, et pourtant un Bleu a signé la ligne statistique la plus flatteuse du tournoi. Éliminé plus tôt dans le tournoi, Kylian Mbappé a tout de même remporté le Soulier d'or avec ses dix buts, selon la FIFA. Lionel Messi, 39 ans, termine à huit réalisations, sans marquer en finale, et manque le classement des buteurs. Cette fois, la messe était dite en faveur du Français.
À l'autre bout de l'échelle des âges, Lamine Yamal, 19 ans, devient l'un des plus jeunes champions du monde de l'ère moderne. L'Argentine a fini à dix, un de ses joueurs ayant été exclu dans les dernières minutes de la prolongation, sans la moindre incidence sur une issue déjà scellée.
Le doublé Euro 2024 et Coupe du monde est désormais acté pour de la Fuente, dont la défense n'a quasiment rien concédé du tournoi. Pour la Roja, championne d'Europe puis du monde en l'espace de deux étés, la démonstration comptable colle au palmarès. Reste une question ouverte : le Ballon d'or de la compétition. Yamal et Rodri partaient favoris, mais aucun nom n'a encore été tranché. Sur le tableau des chiffres, en revanche, il n'y avait rien à redire : l'Espagne a été souveraine.
Sources
- ESPN
- FIFA
- Yahoo Sports
- Al Jazeera
- Cover photo: Bryan Berlin / CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons


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