Une deuxième étoile arrachée en prolongation
L'Espagne est sur le toit du monde. Au MetLife Stadium d'East Rutherford, la Roja s'est imposée face à l'Argentine tenante du titre (1-0), au terme des prolongations, sur un but de Ferran Torres à la 106e minute. C'est le deuxième sacre mondial de son histoire, le premier depuis 2010.
Le doublé est retentissant. Championne d'Europe en 2024, la sélection de Luis de la Fuente ajoute l'étoile mondiale à son palmarès et assoit sa domination sur le football international. Arrivée en finale après avoir écarté la France en demies (2-0), l'Espagne n'a jamais tremblé du tournoi. Pour l'Argentine de Lionel Messi, finaliste grâce à son succès sur l'Angleterre (2-1) et venue défendre son titre de 2022, l'aventure s'achève sur une désillusion.
De la Fuente, dont la nomination avait fait débat, s'inscrit désormais parmi les sélectionneurs les plus titrés de la planète. Son Espagne, bâtie sur la possession et un pressing de tous les instants, a transformé la maîtrise du ballon en arme quasi imparable.
Ferran Torres surgit au premier poteau
Pendant 90 minutes, la Roja a tourné autour du bloc argentin sans parvenir à le percer. Nico Williams et Lamine Yamal étiraient la défense, Rodri orchestrait, mais Emiliano Martinez et les siens tenaient. Nul et vierge à l'issue du temps réglementaire, il a fallu attendre les prolongations pour voir le verrou sauter.
La finale a alors basculé dans le premier acte. Sur son côté gauche, Nico Williams débordait puis prolongeait de la tête au ras des six mètres. Au premier poteau, Ferran Torres coupait la trajectoire et trompait Martinez (1-0, 106e). L'attaquant n'était pas l'homme que l'on attendait dans ce rôle. Avec Williams, il aura pourtant décidé du sort d'un Mondial.
Une domination sans partage
Réduite à dix après une expulsion dans les arrêts de jeu de la prolongation, l'Argentine n'a de toute façon jamais existé offensivement. Elle n'a pas tiré une seule fois dans le temps réglementaire et n'a tenté que deux frappes sur l'ensemble de la rencontre.
Les chiffres racontent une rencontre à sens unique. L'Espagne a monopolisé le ballon (65 % de possession), aligné 762 passes réussies contre 358, et cadré douze de ses dix-neuf tentatives quand l'Argentine terminait à zéro tir cadré. Le xG résume l'abîme : 1,94 pour la Roja, 0,20 pour l'Albiceleste, avec quatre occasions franches à zéro.
Devant ce déferlement, Emiliano Martinez a longtemps tenu son équipe à bout de bras. Le portier argentin a repoussé onze frappes, un total colossal pour un gardien battu. En face, le gardien espagnol n'a rien eu à faire, à l'image d'une Roja qui n'a quasiment rien concédé de tout le tournoi. Rodri a verrouillé l'entrejeu, Yamal a martyrisé le flanc droit, et Messi, privé de ballon, n'a jamais pu peser sur le jeu.
Mbappé s'offre le Soulier d'or
La compétition a aussi rendu son verdict individuel. Kylian Mbappé remporte le Soulier d'or avec dix réalisations, d'après le classement des buteurs. Messi, resté muet en finale, échoue à huit buts et cède le trophée au capitaine des Bleus, pourtant sortis dès la demie par cette même Espagne. Sur le plan individuel, la France sauve donc l'honneur là où le collectif a échoué.
Le sacre espagnol dessine une nouvelle hiérarchie. À 19 ans, Lamine Yamal devient l'un des plus jeunes champions du monde de l'ère moderne ; avec Rodri, il figure parmi les favoris au Ballon d'or du tournoi, encore à attribuer. Pour Messi, 39 ans, ce qui ressemble fort à un dernier Mondial se referme sans étoile. L'Espagne, elle, vient d'ouvrir une nouvelle ère.
Sources
- ESPN
- FIFA
- Yahoo Sports
- Al Jazeera
- Cover photo: Brian Minkoff- London Pixels / CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons


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