L'Espagne renverse enfin le verrou argentin
L'Espagne est championne du monde. Au MetLife Stadium d'East Rutherford, la Roja a dominé l'Argentine (1-0) au terme des prolongations pour décrocher sa deuxième étoile, seize ans après le premier sacre de 2010.
Il aura fallu attendre. Après 90 minutes, le score restait vierge, à l'image d'une finale à sens unique où l'Espagne butait sur le dernier rempart adverse. Emmenée par un Emiliano Martinez impérial, la tenante du titre résistait aux vagues espagnoles et repoussait tout ce qui passait : onze arrêts pour le gardien argentin. Le mur a fini par céder en prolongation.
À la 106e minute, Nico Williams remisait de la tête devant les six mètres. Ferran Torres jaillissait au premier poteau pour tromper Martinez. Le héros le plus inattendu de la soirée offrait le titre à l'Espagne, dans un stade acquis à sa cause.
Le score ne dit pas tout de l'emprise de la Roja. 65 % de possession, 762 passes réussies contre 358, dix-neuf frappes à deux, douze tirs cadrés à zéro : l'Argentine n'a pas cadré une seule fois de la rencontre, ni même tenté sa chance dans le temps réglementaire, selon ESPN. Quatre occasions franches d'un côté, aucune de l'autre. Vingt et une fautes espagnoles, vingt-cinq argentines : la partie fut aussi rugueuse par instants. Le xG résume la domination, 1,94 contre 0,20.
Le doublé qui fait entrer De la Fuente dans l'histoire
Championne d'Europe en 2024, championne du monde en 2026 : Luis de la Fuente signe un doublé que très peu de sélectionneurs peuvent revendiquer. L'Espagne n'avait plus soulevé le trophée depuis l'Afrique du Sud et le sacre de 2010. Deux ans après l'Euro, la même ossature a mené le projet jusqu'à son terme.
Au cœur de cette réussite, Lamine Yamal. À 19 ans, l'ailier devient l'un des plus jeunes champions du monde de l'ère moderne. Dans l'entrejeu, Rodri a verrouillé le jeu, dicté le tempo et étouffé les intentions adverses. Les deux hommes figuraient parmi les favoris pour le titre de meilleur joueur du tournoi, encore non attribué. Rarement une équipe championne du monde aura autant maîtrisé sa finale.
Ce sont deux ailiers qui ont fait basculer la rencontre. Nico Williams, remuant sur son côté toute la soirée, a délivré le centre décisif. Ferran Torres, dont on n'attendait pas forcément le geste du sacre, a converti l'unique munition qui comptait. Deux joueurs qui, il y a encore peu, n'étaient pas les premiers noms cités au moment d'imaginer un sacre espagnol. La Roja n'a eu besoin que d'un but pour toucher au but.
Tenante du titre, l'Argentine de Lionel Messi s'était hissée en finale en écartant l'Angleterre (2-1). L'Espagne, elle, avait sèchement dominé la France (2-0) en demie. À 39 ans, Messi quitte ce Mondial sur une désillusion, sans la moindre frappe cadrée en finale.
Réduite à dix après une exclusion en toute fin de prolongation, l'Albiceleste n'avait de toute façon jamais réellement inquiété la Roja.
Mbappé, un Soulier d'or pour consoler la France
Éliminée dès les demi-finales, la France repart tout de même avec une distinction individuelle. Kylian Mbappé remporte le Soulier d'or, récompense du meilleur buteur du tournoi, avec dix réalisations. Messi, muet en finale, termine à huit et laisse le trophée au capitaine des Bleus.
L'Espagne, elle, tient l'essentiel. Une deuxième étoile, une génération dorée à son apogée, un Yamal déjà champion du monde à 19 ans. La question n'est plus de savoir si cette équipe peut gagner, mais combien de temps elle va régner.
Sources
- ESPN
- FIFA
- Yahoo Sports
- Cover photo: Timmy96 / CC0, via Wikimedia Commons

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