Le Maroc a déjà tourné la page. Une semaine après l'élimination des Lions de l'Atlas en quart de finale, la Fédération royale marocaine de football (FRMF) a acté le lancement de sa préparation pour le Mondial 2030, qu'elle coorganisera avec l'Espagne et le Portugal.
Un comité exécutif déjà tourné vers 2030
Réuni le 16 juillet sous la présidence de Fouzi Lekjaa, le comité exécutif de la FRMF a fait de la Coupe du monde 2030 un « projet national stratégique », aligné selon son président sur la vision du roi Mohammed VI, rapporte Morocco World News.
Le message est limpide : pas question d'attendre. Lekjaa a réclamé « une planification précoce, un travail continu et une coordination efficace » pour tenir les standards de la FIFA. L'événement sera piloté par la Fondation Maroc 2030, en partenariat avec la fédération.
Le président a également invité les ligues nationales à moderniser leurs méthodes et leurs structures. Autrement dit, le chantier ne se résume pas aux pelouses et aux tribunes.
Pour la FRMF, l'échéance n'a rien d'abstrait. Coorganisatrice avec deux voisins européens, elle sait que la comparaison sera immédiate et permanente. D'où l'insistance sur la méthode plutôt que sur les promesses.
Ouahbi conforté malgré la sortie face à la France
Sur le plan sportif, l'instance a renouvelé sa confiance à Mohamed Ouahbi. Le technicien avait hérité de la sélection à peine trois mois avant le tournoi, en provenance des équipes de jeunes, auréolé de son titre à la Coupe du monde U-20. Il succédait à Walid Regragui, critiqué après la finale de CAN perdue face au Sénégal en janvier, selon Al Jazeera.
Pour un premier grand rendez-vous, la copie tient la route. Les Lions de l'Atlas ont sorti les Pays-Bas, bousculé le Brésil dès leur entrée, avant de s'incliner 2-0 devant la France en quart de finale, jeudi à Boston. Au passage, le Maroc est devenu la première nation africaine à disputer deux quarts de finale consécutifs, dans la lignée de sa demie historique de 2022.
Le comité a salué un parcours « positif et honorable ». Ouahbi, lui, joue la carte du temps long : « Nous avons une équipe jeune qui veut grandir, et qui continuera de le faire », a-t-il confié, cité par Al Jazeera.
Le pari est celui de la continuité. Beaucoup des joueurs qui ont porté cette équipe seront encore là en 2030, à domicile. Encore faudra-t-il stabiliser le staff, une fédération qui vient tout juste de changer de sélectionneur à la veille du Mondial.
Casablanca rêve d'une première finale africaine
En coulisses, l'ambition va bien au-delà de la qualification automatique offerte au pays hôte. Le Maroc vise l'organisation de la finale, un scénario inédit : jamais une finale de Coupe du monde ne s'est jouée sur le sol africain. La FRMF estime déjà disposer du soutien d'une majorité au sein du Conseil de la FIFA pour l'attribuer à Casablanca plutôt qu'à l'Espagne, rapporte beIN Sports.
Le dossier s'appuie sur le Grand Stade Hassan II, annoncé à plus de 110 000 places, ce qui en ferait l'une des plus vastes enceintes de la planète. Le royaume a par ailleurs investi des milliards de dollars dans les transports, les routes, les aéroports, les hôtels et les infrastructures sportives.
Reste à transformer l'essai. La FIFA n'a pas encore tranché sur le lieu de la finale, et le Maroc devra entretenir sa dynamique pendant quatre ans, avec un effectif jeune à faire mûrir. Le compte à rebours vers 2030 est bel et bien lancé.
Sources
- Morocco World News
- Al Jazeera
- beIN Sports
- Photo de couverture: Achraf Hakimi / CC/Wikimedia (see file page) via Wikimedia Commons.



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