Pour la première fois de son histoire, la Norvège dispute un quart de finale de Coupe du monde. Vingt-huit ans après son dernier Mondial, la sélection de Ståle Solbakken défie l'Angleterre aujourd'hui, au Hard Rock Stadium de Miami. Un choc, un homme au centre de tout : Erling Haaland. Et un déséquilibre de départ, celui d'une défense anglaise en chantier.
La route des Scandinaves force le respect. Deuxièmes du groupe I, vainqueurs de la Côte d'Ivoire (2-1) en seizièmes, ils ont surtout renversé le Brésil (2-1) en huitièmes, Haaland signant les deux buts. Le score n'est pas anodin : il rappelle trait pour trait le 2-1 infligé à la Seleção au Mondial 1998 (égalisation de Tore André Flo, penalty décisif de Kjetil Rekdal). L'Angleterre, elle, a validé son billet dans la douleur, un 3-2 à l'Estadio Azteca face au Mexique, arraché à dix pendant plus d'une mi-temps après une expulsion, dans la lignée d'un 3-2 face à la RD Congo scellé par un doublé tardif de Harry Kane.
L'énigme Haaland
Tout, ou presque, tourne autour du numéro 9 norvégien. Sept buts en quatre matches pour sa première Coupe du monde, selon ESPN : deux contre l'Irak, deux contre le Sénégal, un face à la Côte d'Ivoire, deux contre le Brésil. En face, une charnière anglaise privée de repères. Jarell Quansah purge une suspension de deux matches infligée par la FIFA après son carton rouge direct sur Jesús Gallardo. Jordan Henderson, lui, est forfait pour le reste du tournoi, poignet cassé. Reece James, de retour d'une gêne aux ischio-jambiers, ne devrait pas débuter sous la chaleur de Miami et se contenter du banc.
Reste un paradoxe : le principal recours défensif de Thomas Tuchel, John Stones, connaît Haaland par cœur. Les deux hommes évoluent ensemble à Manchester City. L'avantage ira à celui qui exploitera le mieux cette familiarité.
Ødegaard, Rice et la bataille de l'entrejeu
La Norvège ne se résume pas à son avant-centre. Dans un 4-3-3 attendu, Martin Ødegaard apporte la créativité, la dernière passe, le décalage. Autour de lui, Sander Berge et Patrick Berg tiennent l'équilibre. C'est là que l'Angleterre, rangée dans un probable 4-2-3-1, devra reprendre la main.
Bonne nouvelle pour Tuchel : Declan Rice, touché par un souci gastrique, et Marc Guéhi, gêné aux ischio-jambiers, ont retrouvé l'entraînement collectif et devraient être disponibles. Solbakken, lui, aligne un groupe au complet. Selon le médecin de la sélection, personne ne manque à l'appel, et le technicien devrait reconduire le onze qui a fait tomber le Brésil.
Devant, l'Angleterre a de quoi faire mal. Harry Kane compte six buts et une passe décisive en cinq rencontres ; Jude Bellingham en est à quatre réalisations, dont un doublé contre le Mexique. Ajoutez Bukayo Saka sur son côté et une profondeur de banc supérieure : voilà l'argument massue des Three Lions.
Deux défenses friables, la chaleur et le verdict des chiffres
Le duel pourrait se jouer sur les failles. La Norvège a encaissé neuf buts, le pire total des quarts de finalistes encore en lice, quand l'arrière-garde anglaise reste bancale entre la suspension de Quansah et le point d'interrogation James. Les deux blocs prennent l'eau. À Miami, la chaleur ajoutera sa variable : gestion des efforts, rotations, coaching en cours de match. Un terrain sur lequel Tuchel a déjà montré sa main.
Les chiffres penchent d'un côté sans trancher. Le supercalculateur d'Opta désigne ce quart comme le plus serré du tournoi : sur 25 000 simulations, l'Angleterre l'emporte dans le temps réglementaire 50,4 % du temps, la Norvège 25,1 %, le nul survenant dans 24,6 % des cas. Pour la qualification en demies, Opta donne les Anglais à 62,3 % contre 37,7 %. Les bookmakers vont dans le même sens, autour de -205 pour un passage anglais, +164 pour la Norvège. Côté pronostics, plusieurs médias, dont ESPN et CBS Sports, anticipent un succès anglais sur un score du type 2-1 ou 3-1, en misant sur la profondeur d'effectif et les ajustements de Tuchel. Rien n'est écrit pour autant : ce sont des prévisions, pas un résultat.
L'histoire sourit aux Anglais, en tête 7 victoires à 2 (3 nuls) dans une série où les deux nations ne se sont jamais croisées dans un grand tournoi, la dernière fois remontant à un 1-0 à Oslo en 2012, sur penalty de Wayne Rooney. Reste le discours. Solbakken a concédé à la BBC que l'Angleterre partait favorite. Haaland, lui, juge les chances norvégiennes de titre « vraiment faibles, encore » et admet que la pression est bien du côté anglais. À Miami, un seul but suffirait pourtant à tout faire basculer.
Sources
- ESPN, preview et pronostics des quarts de finale
- Sky Sports, aperçu équipe par équipe des quarts
- Al Jazeera, avant-match Norvège vs Angleterre
- Opta Analyst, prédictions du supercalculateur
- ESPN, la suspension de Jarell Quansah
- ESPN, Haaland sur les chances de la Norvège
- Sports Mole, compos probables et infirmerie
- ESPN Match Center, Norvège vs Angleterre


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