Un rempart de 19 ans face au meilleur buteur du Mondial
Rendez-vous mardi 14 juillet, à Dallas. En demi-finale de la Coupe du monde, l'Espagne va opposer à la France la défense la plus hermétique du tournoi. Et au cœur de sa charnière, un adolescent : Pau Cubarsi, 19 ans, associé à l'expérimenté Aymeric Laporte.
Le choc tient presque en une équation. D'un côté, la meilleure défense de la compétition. De l'autre, Kylian Mbappé, meilleur buteur du Mondial avec 8 réalisations et 3 passes décisives en six matches. Quelque chose devra plier.
Tout, ou presque, oppose ces deux équipes dans leur manière d'exister. L'Espagne assèche les rencontres, patiente et ne concède rien. La France frappe vite, portée par un Mbappé au sommet et un Ousmane Dembélé décisif. Deux philosophies, un seul billet pour la finale : c'est tout le sel de cette affiche.
Cubarsi et Laporte, la charnière qui a tout verrouillé
Depuis le coup d'envoi du tournoi, l'association Cubarsi-Laporte s'est imposée comme l'une des grandes forces de la Roja, souligne Yahoo Sports. Le défenseur du Barça n'a pas quitté la pelouse une seule minute : il est l'un des trois seuls hommes toujours présents dans le onze, avec le gardien Unai Simon et le latéral Marc Cucurella.
Les chiffres donnent le tournis. Cinq cages inviolées lors de ses cinq premières apparitions en Coupe du monde : aucun défenseur n'avait atteint ce total aussi vite dans l'histoire de l'épreuve, Cubarsi effaçant au passage le record de Paolo Maldini, jusque-là détenteur en sept matches. Yahoo Sports le range déjà parmi les meilleurs centraux du Mondial. À 19 ans, il joue les patrons sans trembler.
Pour un joueur de cet âge, disputer une demi-finale de Coupe du monde relèverait déjà de l'exploit. Cubarsi, lui, y arrivera avec le statut de pièce maîtresse, pas de simple figurant.
Le collectif espagnol, lui, a longtemps paru infranchissable. La sélection est restée 650 minutes sans encaisser le moindre but, un record du tournoi qui a pulvérisé la marque de Walter Zenga (517 minutes), vieille de trente-six ans depuis l'Italie 1990. Il a fallu attendre la 41e minute du quart de finale, et la réussite du Belge Charles De Ketelaere, pour que la muraille finisse enfin par céder, rapportent le Washington Post et Fox Sports.
Mbappé, l'aiguillon qui monte en régime
En face, Mbappé arrive lancé. Contre le Maroc, en quart, l'attaquant a pourtant manqué un penalty en première période. Il n'a pas tremblé pour autant. D'une frappe enroulée, il ouvrait le score à la 60e minute, avant d'offrir six minutes plus tard le but du break à Dembélé, d'après NPR et CNN. Une séquence qui résume le personnage : capable de manquer l'immanquable, puis de faire basculer une rencontre dans la foulée.
Les Bleus se présentent avec un bilan comptable éloquent : 16 buts inscrits, 2 seulement encaissés en six rencontres, selon FOX4. Meilleure attaque contre meilleure défense, le raccourci est presque trop parfait.
Car Mbappé n'est pas seul. Dembélé, buteur contre le Maroc, ajoute une menace permanente dans le dos de la défense, et les Bleus ont montré qu'ils savaient varier leurs angles d'attaque. Contenir le seul numéro 10 ne suffira pas : encore faudra-t-il maîtriser tout un système offensif rôdé, le plus prolifique du tournoi.
Le test grandeur nature de Cubarsi
Tout, ou presque, se jouera dans les intervalles et la profondeur. Si Laporte apporte l'expérience et la première relance, c'est souvent Cubarsi qui a la charge de couvrir les grands espaces, précisément le terrain de chasse favori de Mbappé. Le jeune central devra régler sa ligne au millimètre, sous peine de voir le capitaine français filer dans son dos. L'enjeu physique comptera autant que le placement : sur la durée, la moindre seconde de retard se paie cash face à une telle pointe de vitesse.
La Roja peut-elle à nouveau garder sa cage inviolée, là où seul De Ketelaere a su la faire craquer en 650 minutes ? Ou Mbappé va-t-il rappeler, sur la scène la plus exposée, pourquoi il trône en tête du classement des buteurs ?
Réponse mardi soir, à Dallas. Le vainqueur se hissera en finale de la Coupe du monde. Le perdant, lui, saura à ses dépens laquelle des deux logiques, l'imperméable espagnole ou l'explosive française, aura fini par prendre le dessus.


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