France : à une victoire d'un record que seuls le Brésil et la RFA ont approché

France : à une victoire d'un record que seuls le Brésil et la RFA ont approché

En dominant le Maroc (2-0) en quart de finale, les Bleus ne sont plus qu'à un succès d'une troisième finale mondiale d'affilée. Un exploit que deux nations seulement, le Brésil et l'Allemagne de l'Ouest, ont réalisé en près d'un siècle de Coupe du Monde.

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Une victoire, une seule, sépare désormais la France d'une ligne que presque personne n'a jamais franchie. En dominant le Maroc (2-0) en quart de finale, les Bleus ont validé leur place dans le dernier carré et prolongé une série lancée il y a huit ans. Champions du monde en 2018, finalistes malheureux en 2022, ils visent en 2026 une troisième finale consécutive. Sur la table, un record que seuls le Brésil et l'Allemagne de l'Ouest ont approché.

Un exploit validé deux fois en un siècle

En quatre-vingt-seize ans d'histoire, la Coupe du Monde n'a vu que deux sélections enchaîner trois finales de rang, rappelle Sofascore. Deux. Pas une de plus. C'est dire la rareté de ce que les hommes de Didier Deschamps ont désormais à portée de main.

Trois finales de suite, cela veut dire neuf années passées tout en haut, deux cycles complets franchis sans trébucher. Entre deux Coupes du Monde, les générations se renouvellent, les cadres vieillissent, les hiérarchies s'inversent. Se maintenir aussi longtemps au sommet relève moins du coup d'éclat que de la construction patiente. C'est bien ce qui rend l'addition si courte : deux noms en près d'un siècle.

La première nation à s'y être hissée, c'est la RFA. Entre 1982 et 1990, l'Allemagne de l'Ouest a disputé trois finales consécutives. Les deux premières lui ont échappé. La troisième, en 1990, a fini par la récompenser : après deux désillusions, le sacre est enfin tombé.

Le Brésil a fait mieux encore, entre 1994 et 2002. Trois finales, deux titres, sous la houlette de trois sélectionneurs différents, de Parreira à Scolari en passant par Zagallo, note Sofascore. La Seleção a soulevé le trophée en 1994, puis en 2002. Au milieu, une désillusion : la finale de 1998, perdue contre... la France. Personne, depuis cette génération, n'a réédité pareille constance.

La France, deux tiers du chemin déjà bouclés

La force du dossier tricolore, c'est qu'il ne repose sur aucune projection. Deux des trois marches sont déjà gravies.

2018, d'abord. En Russie, la France a été sacrée championne du monde, deuxième étoile piquée sur le maillot. 2022, ensuite. Au Qatar, les Bleus ont poussé l'Argentine jusqu'aux tirs au but dans une finale d'anthologie, avant de s'incliner au bout du suspense. Un titre, une finale perdue de justesse : voilà les deux premières marches.

La troisième se joue en Amérique du Nord. Le parcours 2026 n'a rien eu de flamboyant, mais il a été d'une efficacité froide, à l'image du 2-0 signé face au Maroc, relevé par NBC News. Peu d'esbroufe, beaucoup de maîtrise. Cette France-là avance sans faire de bruit, et c'est peut-être ce qui la rend si inquiétante pour ses adversaires. Si elle écarte l'Espagne mardi, elle deviendrait la première équipe à atteindre trois finales de suite depuis ce Brésil des années 1994-2002, selon Get French Football News.

Aucune démonstration retentissante, donc, mais une machine qui coche les cases les unes après les autres. Dans un tournoi long et éreintant, cette capacité à gagner sans forcer, à gérer l'effort et à passer les tours sans s'exposer vaut parfois mieux que les feux d'artifice. Les grands parcours se construisent souvent ainsi, dans l'économie et le sang-froid.

Deschamps, témoin devenu acteur

Impossible d'évoquer ce record sans s'arrêter sur l'homme du banc. Didier Deschamps entretient une relation intime avec cette histoire de finales enchaînées. En 1998, brassard au bras, c'est lui qui soulevait la Coupe après avoir justement stoppé la série brésilienne. Vingt-huit ans plus tard, il se retrouve de l'autre côté du miroir, en position d'écrire une page comparable pour son pays.

Le sélectionneur, en poste depuis 2012, a par ailleurs confirmé qu'il quitterait ses fonctions après le tournoi 2026. Autant dire que cette campagne américaine a des airs de dernière danse. Boucler son mandat par une troisième finale de rang, dans un club que seuls le Brésil et la RFA fréquentent, donnerait à ce départ une résonance particulière.

Cap sur Dallas

Reste le plus difficile. Rien n'est acquis, et la marche espagnole est haute. La demi-finale se disputera mardi 14 juillet à Dallas, et la Roja s'annonce comme un obstacle autrement plus relevé que le Maroc. L'Espagne aime confisquer le ballon, étouffer ses adversaires, imposer son tempo. Elle ne cédera pas sa place sans se battre.

La pression, elle, ne changera pas de camp. Une nation qui a déjà tout gagné et tout frôlé ne peut se satisfaire d'une demi-finale. Pour cette équipe comme pour son sélectionneur sur le départ, une élimination à ce stade laisserait un goût d'inachevé ; une qualification, elle, entrouvrirait la porte de l'histoire.

De l'autre côté du tableau, l'affiche reste à dessiner : le futur finaliste adverse sortira de quarts encore à jouer. La France, elle, connaît sa feuille de route. Un match. Une victoire. Et l'entrée dans un cercle que presque personne n'a fréquenté.

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