La France s'est qualifiée la première, en écartant le Maroc (2-0) le 9 juillet. L'Espagne a suivi le lendemain, arrachant sa place aux Belges dans les arrêts de jeu grâce à Mikel Merino (2-1). Les voilà renvoyées l'une contre l'autre, mardi 14 juillet, jour de fête nationale, à l'AT&T Stadium d'Arlington, rebaptisé « Dallas Stadium » pour la durée du tournoi (coup d'envoi à 15h ET, 14h CT). Troisième rendez-vous consécutif dans le dernier carré d'un grand tournoi. Les deux précédents, la Roja les a remportés.
Pour les Bleus, l'enjeu déborde la seule qualification. Il s'agit aussi de solder deux ans de frustration face au même adversaire, et de le faire un soir de 14 juillet, devant tout un pays à l'arrêt.
Le remake que les Bleus redoutaient
À l'Euro 2024, en demie, l'Espagne s'était imposée 2-1. Le tournant portait un nom : Lamine Yamal, auteur à la 21e d'une merveille enroulée qui faisait de lui le plus jeune buteur de l'histoire de la compétition. Un an plus tard, rebelote. En juin 2025, en demi-finale de Ligue des nations, la Roja l'emportait 5-4 au terme du match le plus prolifique de l'histoire de l'épreuve, portée par un doublé du prodige, selon le compte rendu de l'UEFA.
Deux confrontations au sommet, deux défaites françaises, un même bourreau. Deschamps sait donc précisément d'où viendra le danger. Reste à trouver la parade, ce que personne n'a réussi depuis deux ans.
Mbappé, meilleur buteur et point d'interrogation
Devant, la France tient son arme. Kylian Mbappé domine la course au Soulier d'or avec 8 buts et 11 actions décisives, le total le plus élevé sur une seule Coupe du monde depuis les 13 de Gerd Müller en 1970, selon les statistiques compilées par ESPN.
Un bémol, toutefois. Le capitaine a quitté la pelouse à la 77e face au Maroc, touché à la cheville. Depuis, il se veut rassurant : au micro de M6, il a assuré aller tout à fait bien, rapporte SI.com. Deschamps devrait le récupérer, mais son état reste à surveiller jusqu'au coup d'envoi.
Bonne nouvelle, en revanche, du côté des cartons. Manu Koné, Bradley Barcola et Michael Olise abordaient le quart sous la menace d'une suspension. Aucun n'a écopé d'un nouvel avertissement contre le Maroc : tous les trois seront disponibles pour la demie, selon beIN Sports.
L'ombre au tableau se nomme Aurélien Tchouaméni. Gêné aux adducteurs depuis le début du mois, le milieu du Real n'est pas entré en jeu face au Maroc et demeure incertain pour Dallas. Sa disponibilité pèsera lourd dans l'équilibre de l'entrejeu.
La muraille espagnole
En face, l'Espagne avance derrière un rempart quasi infranchissable. Les hommes de Luis de la Fuente n'ont plus encaissé le moindre but depuis six rencontres, soit 649 minutes, un record absolu dans l'histoire de la Coupe du monde, note Opta. La Roja n'atteint le dernier carré que pour la deuxième fois seulement, la première depuis son sacre planétaire de 2010.
Et quand la défense verrouille, il faut un homme pour débloquer. Ces temps-ci, c'est Merino. Le milieu a inscrit le but victorieux dans les arrêts de jeu lors des deux tours précédents, contre le Portugal en huitièmes puis contre la Belgique en quarts. Premier Espagnol à signer deux buts décisifs à la 80e minute ou au-delà dans une Coupe du monde, précise Opta. Une habitude qui a de quoi glacer les Bleus.
Un doute plane néanmoins sur le onze de De la Fuente : Ferran Torres, averti contre la Belgique, pourrait être préservé au coup d'envoi pour éviter une suspension avant une éventuelle finale, d'après beIN Sports.
Un 14 juillet pour renverser l'histoire
Tout oppose donc deux logiques : l'attaque la plus tranchante du tournoi contre la défense la plus hermétique. Le meilleur buteur contre le meilleur bloc. Et, en toile de fond, cette question qui hante les Bleus depuis l'Euro : comment museler Yamal ?
Sur les deux dernières tentatives, Deschamps n'y est jamais parvenu dans un match couperet. Le faire un 14 juillet, à Dallas, pour une place en finale, aurait une saveur toute particulière. En face, la Roja n'est plus qu'à un pas de sa première finale mondiale depuis le titre de 2010. Réponse mardi.


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