Rendez-vous ce samedi 11 juillet à Kansas City. Sur la pelouse du GEHA Field at Arrowhead Stadium, l'Argentine, championne du monde en titre, défie la Suisse pour une place dans le dernier carré du Mondial 2026. D'un côté, une sélection rodée aux grands rendez-vous, emmenée par Lionel Messi. De l'autre, une Nati qui dispute son premier quart de finale depuis 1954 et qui aborde ce sommet amputée de son joueur le plus en vue. Le contraste est saisissant.
Une attente longue de 72 ans
Le chiffre donne le vertige : soixante-douze ans. C'est l'intervalle qu'il aura fallu à la Suisse pour retrouver les quarts d'une Coupe du monde, le plus long jamais enregistré entre deux qualifications à ce stade dans l'histoire de la compétition. La dernière fois, c'était à domicile, en 1954. Autant dire une éternité.
Pour en arriver là, les hommes de Murat Yakin ont dû s'armer de patience. Face à la Colombie, en huitièmes, rien n'a filtré pendant 120 minutes : nul et vierge au terme des prolongations (0-0). Il a fallu la loterie des tirs au but, remportée 4-3, pour valider le billet le 7 juillet. Un exploit construit dans la souffrance, à l'image d'un parcours qui ne doit rien au hasard.
Manzambi, l'absence qui fait mal
Sauf que la fête a laissé un goût amer. Touché au genou lors de ce huitième de finale, Johan Manzambi, 20 ans, est forfait pour le quart. Un coup dur pour une sélection qui s'était trouvée en lui une véritable révélation, et qui perd là son principal atout offensif au pire moment.
Le sélectionneur n'a pas masqué son dépit. Cette blessure « nous fait terriblement mal », a reconnu Murat Yakin, qui évoque « un véritable choc », selon des propos rapportés par ESPN.
Les statistiques justifient l'inquiétude. En un peu plus de 200 minutes disputées, le jeune attaquant avait déjà inscrit 3 buts et délivré 2 passes décisives. Surtout, la Suisse tournait à 3,6 buts par 90 minutes lorsqu'il foulait la pelouse, contre 1 seul but et 1,4 expected goals (xG) par 90 en son absence. Tout l'enjeu de la soirée tient dans cet écart : comment recréer du danger sans son détonateur ?
Reste à savoir comment Yakin comblera ce vide. La Suisse a bâti sa qualification sur la solidité et la patience, davantage que sur le spectacle offensif. Sans Manzambi, ce visage prudent pourrait bien redevenir sa meilleure arme face à une attaque argentine autrement plus fournie.
L'Argentine avance sans trembler
En face, l'Albiceleste déroule. Invaincue depuis cinq matchs, la bande de Lionel Messi a fait trembler les filets à 12 reprises depuis le coup d'envoi du tournoi. Une machine bien huilée, qui n'a pour l'instant montré aucun signe de faiblesse et qui avance avec la sérénité des champions.
Son dernier tour a pourtant réservé quelques frissons. Menée par l'Égypte en huitièmes, l'Argentine a renversé la situation pour s'imposer 3-2, le 7 juillet. Une remontée qui en dit long sur le mental des tenants du titre, capables de hausser le ton quand la marche se fait haute.
Reste alors la grande inconnue de ce quart. Privée de son étincelle, la Suisse peut-elle tenir le choc face à une Argentine qui n'a plus connu la défaite depuis le début de la compétition ? La logique penche pour les champions du monde. Mais la Nati a déjà prouvé, aux tirs au but, qu'elle savait déjouer les pronostics. Élément de réponse ce samedi, sous le ciel de Kansas City.




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