Argentine-Suisse : Messi, le vide Manzambi et le mur de Yakin, les duels qui feront le quart

Argentine-Suisse : Messi, le vide Manzambi et le mur de Yakin, les duels qui feront le quart

Championne du monde, l'Argentine part largement favorite face à une Suisse historique mais privée de sa révélation Johan Manzambi. Décryptage des batailles qui vont décider ce quart de finale à Kansas City.

Sur cette page

Championne du monde en titre, l'Argentine retrouve la Suisse ce samedi à Kansas City, sur la pelouse de l'Arrowhead Stadium, avec une place en demi-finale au bout. Tout, ou presque, sépare les deux nations. Et pourtant, ce quart de finale tient dans une seule question : comment la bande de Lionel Messi va-t-elle faire sauter le verrou le plus hermétique du tournoi ?

Car la Suisse n'a rien d'un invité surprise. Pour la première fois depuis 1954, soit soixante-douze ans d'attente, la Nati atteint les quarts d'un Mondial, et signe au passage les premières victoires consécutives de son histoire en phase à élimination directe, d'après The Analyst (Opta). Mieux : c'est la seule équipe encore en lice à n'avoir jamais été menée au score, qualifications comprises.

En face, l'ogre. L'Argentine a bouclé son groupe J avec un neuf sur neuf (3-0 contre l'Algérie, 2-0 face à l'Autriche, 3-1 contre la Jordanie), avant d'écarter le Cap-Vert (3-2) à Miami puis l'Égypte (3-2) à Atlanta.

Messi et l'armada argentine face au mur suisse

C'est le duel qui décidera sans doute de tout : l'attaque la plus prolifique du tournoi contre la défense la plus disciplinée. L'Albiceleste reste sur quatorze rencontres de suite avec au moins un but inscrit, note The Analyst. Et devant, un homme continue de défier le temps.

À 39 ans, Messi caracole en tête de la course au Soulier d'or avec huit buts en cinq matchs, et devient le premier joueur à trouver la faille lors de six matchs à élimination directe consécutifs en Coupe du monde, toujours selon Opta. Son huitième de finale contre l'Égypte a tout dit de son emprise : menée 2-0 à onze minutes du terme, l'Argentine renversait tout. Romero coupait un centre de Messi de la tête (79e), l'Argentin égalisait lui-même (84e), puis Enzo Fernández surgissait dans le temps additionnel (90e+2) pour arracher la qualification, sans même passer par les prolongations, rapporte Sky Sports.

Reste que Murat Yakin dispose des armes pour freiner ce flux. Bloc bas, lignes resserrées, et un métronome au milieu : Granit Xhaka domine le tournoi au nombre de passes cassant les lignes vers le dernier tiers (50), quand Ricardo Rodríguez, 31 sélections en grands tournois depuis 2014, verrouille le flanc gauche. Détail savoureux : Xhaka et Rodríguez sont les deux seuls rescapés du onze suisse battu par l'Argentine en 2014 (Di Maria, 118e).

L'absence de Manzambi, un vide au pire moment

Le coup dur porte un nom : Johan Manzambi. À 20 ans, la révélation de Fribourg est forfait, victime d'une blessure au genou qui l'avait déjà privé du huitième contre la Colombie.

« La blessure de Johan Manzambi nous fait énormément de mal. Ce fut un vrai choc... il ne peut pas jouer », a confié Yakin à beIN Sports. On le comprend : Manzambi est le plus jeune joueur à atteindre cinq implications décisives (3 buts, 2 passes) sur un Mondial depuis 1966.

Et l'infirmerie ne s'arrête pas là. Michel Aebischer et Luca Jaquez, en marge du groupe, s'entraînaient à part, précisent ESPN et Goal. En face, Lionel Scaloni n'a aucun pépin à gérer : son effectif de 26 joueurs est au complet, le sélectionneur devant seulement trancher entre Julián Álvarez et Lautaro Martínez pour épauler Messi.

La faille défensive qui peut tout relancer

Voilà l'accroc qui autorise la Suisse à y croire. Sur ses deux matchs à élimination directe, l'Argentine a encaissé sur 56 % des tirs cadrés concédés (5 sur 9), l'un des ratios les plus inquiétants parmi les équipes encore en course, souligne The Analyst. Autrement dit : elle marque beaucoup, mais elle laisse aussi filer.

De quoi nourrir les ambitions d'une attaque suisse emmenée par Breel Embolo, Dan Ndoye et Rubén Vargas. Et si le score reste serré, l'histoire récente plaide pour la Nati : tenue en échec par la Colombie (0-0), elle s'était imposée aux tirs au but (4-3). Sur ce terrain-là, elle sait garder ses nerfs.

Un dernier paramètre agite l'avant-match : la désignation de l'arbitre portugais João Pinheiro. Son nom fait grincer des dents côté argentin, lui qui avait ignoré un possible penalty pour une main de João Neves lors d'une demi-finale de Ligue des champions entre le Bayern et le PSG. Il a par ailleurs déjà dirigé un match de la Suisse dans ce Mondial, son succès 4-1 sur la Bosnie, rappelle beIN Sports.

Ce que disent les modèles

Le marché ne tergiverse pas. L'Argentine part favorite (autour de -145 sur la ligne à 90 minutes), la Suisse est cotée entre +450 et +500, et DraftKings recensait 85 % des paris et 91 % des mises sur l'Albiceleste vingt-quatre heures avant le coup d'envoi, via CBS Sports.

Les modèles confirment la tendance sans fermer la porte. L'algorithme d'Opta accorde 57,7 % de victoire à l'Argentine dans le temps réglementaire (18 % à la Suisse, 24,3 % de nul) et 70,5 % de qualification. Notre lecture rejoint celle de Martin Green (CBS Sports, 19 pronostics gagnants sur 26) : l'Argentine reste la logique, mais sa défense poreuse face au trio suisse invite à viser un match ouvert, à plus de 2,5 buts. Un pronostic assumé, pas une certitude.

Le face-à-face pèse lourd : l'Argentine n'a jamais perdu contre la Suisse en sept confrontations (5 victoires, 2 nuls), Di Maria ayant déjà tué le suspense en 2014. La Nati, elle, cherche encore son premier succès dans ce duel. Rendez-vous à l'Arrowhead pour savoir si l'exception attendra une fois de plus.

Sources

No comments yet